Le quotidien des moniales de Notre-Dame de Koubri

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 « Ora et labora »,  Prie et travaille ! 

Voici une formule qui passe pour être la devise du moine Saint Benoît. En effet, le travail est partie intégrante de la vie du moine ou de la moniale dont la journée est ainsi répartie : huit heures de prière, huit heures de travail, huit heures de repos. 

Ora !

Elles n'ont pas d'autres activités en dehors de leur monastère comme par exemple le soin des malades, la catéchèse ou l'enseignement. Sept fois par jour, à Laudes, Tierce, Sexte, None, Vêpres, Complies et Vigiles, les moniales de Koubri se retrouvent au chœur pour chanter ensemble les louanges du Seigneur et porter la prière de toute l'Église et de toute l'humanité devant Dieu. Elles le font comme un devoir au nom de toute l'Église, comme un ministère qui est officiellement confié à chaque moniale au jour de sa profession solennelle. 

La célébration de l'Eucharistie au début de la matinée reste le point culminant de la journée monastique. En effet, « la célébration de l'Eucharistie et la participation intense à cette célébration ‘source et sommet de toute vie chrétienne' (LG 11) forment le centre irremplaçable et animateur de la dimension contemplative de leur vie ».

Voici comment sont réparties les Heures au cours de la journée :

- Laudes à 05h15
- Messe à 06h30
- Tierce après la Messe, à la salle du Chapitre à quelques mètres de l'église
- Sexte à 12h05
- None à 14h50
- Vêpres à 16h25
- Complies à 20h00
- Vigiles à 20h20

Tierce, Sexte et None sont appelés « Petites Heures », ne durent qu'un petit quart d'heure tandis que les Grandes Heures que sont les Vigiles, les Laudes et les Vêpres durent entre 40 et 45 minutes et une heure les jours de fête et  solennité.

En dehors de la célébration communautaire de la Liturgie des Heures que l'on appelle aussi L'ŒUVRE de Dieu ou Office divin, la prière individuelle est l'autre aspect de notre devoir de moniales bénédictines. Nous voulons parler de l'oraison, prière intime et personnelle et de la Lectio divina, lecture priée de la Parole de Dieu ou d'autres écrits spirituels une heure par jour pour chacune de ces deux activités. En outre, la moniale bénédictine peut aussi s'adonner aux autres pratiques de dévotion traditionnelles dans l'Église que sont l'Adoration du Saint Sacrement – deux fois par semaine à ND de Koubri –, la récitation du chapelet individuelle ou communautaire surtout pendant le mois du Rosaire, la prière pour les âmes du purgatoire pendant le mois de novembre. Ce n'est point un devoir mais il s'agit de pratiques librement consenties et vécues dans la communion de toute l'Église. Il en est de même pour les neuvaines, le chant des litanies, le chemin de croix, les rogations et autres bénédictions…

Il faut dire que la journée de la moniale bénédictine doit être sous-tendue par une prière continuelle. Comme les moines du désert qui tressaient des cordes en murmurant des psaumes ou d'autres prières jaculatoires, nous sommes formées dès le noviciat à faire de notre travail un lieu de prière. C'est pour cette raison que le silence pendant le travail est une pratique nécessaire. Quand des moniales travaillent à deux ou à plusieurs elles ne devraient parler que de ce qui concerne leur travail.

Labora !

Concernant le travail, saint Benoît y trouve un bienfait pour l'âme et le corps du moine en affirmant ceci : « la paresse est l'ennemie de l'âme » (RB 48, 1). Au monastère on ne doit pas vivre dans l'oisiveté. Car, dit saint Benoît, « ils seront vraiment moines lorsqu'ils vivront du travail de leurs mains » (RB 48,8). Mais tout est fait avec mesure, suivant la force de chacun et de chacune (RB 35 et 48). Cependant, le travail du moine diffère grandement du travail dans le monde. En réalité le moine travaille pour se nourrir  et pour aider les nécessiteux. Et tout doit être prière pour le moine, soit qu'il travaille, soit qu'il se repose, quoi qu'il fasse. C'est du reste ce que conseille l'apôtre Paul !

Saint Thomas d'Aquin dira plus tard que chez les moines, le travail manuel a un quadruple but :

- Le premier et principal, c'est d'assurer la subsistance. D'où cette parole adressée au premier homme : "Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front" (Gn 3, 19). Et cette autre d'un Psaume : "Alors tu te nourris du travail de tes mains" (Ps 127, 2). 

- Le deuxième, c'est de supprimer l'oisiveté, mère d'un grand nombre de maux. C'est pourquoi il est écrit : "Envoie ton serviteur travailler pour qu'il ne reste pas oisif l'oisiveté est une grande maîtresse de malice" (Si 33, 28).

- Le troisième, c'est de refréner les désirs mauvais en macérant le corps. Aussi est-il écrit : "dans les travaux, les jeûnes, les veilles, la chasteté" (2Co 6, 5).

 

- Le quatrième, c'est de faire l'aumône, d'où cette parole : "Celui qui volait, qu'il ne vole plus. Qu'il travaille plutôt de ses mains à quelque ouvrage honnête, pour avoir de quoi donner à l'indigent" (Ep. 4,28).Ici à Notre-Dame de Koubri, nous essayons de mettre cela en pratique à travers nos modestes emplois qui nous permettent de gagner notre vie tels que la fabrication et la vente du yaourt, le jardinage et l'entretien d'un verger-potager, la culture de la spiruline, l'accueil des hôtes. Et chacune des moniales y donne le meilleur d'elle-même pour l'épanouissement de la communauté, tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel.