Petit dictionnaire monastique

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Moine : Ce mot vient du latin monachus = solitaire et du grec monos, monakos = seul, unique. Les moines sont des personnes qui ont choisi de quitter la société et pour consacrer leur vie au service des autres dans la prière et la contemplation. « Leur vie, loin d'être divisée, demeure parfaitement une, parce qu'ils s'unifient eux-mêmes par un saint recueillement qui exclut toute division, de façon à tendre vers la perfection de l'amour divin » (Saint Thomas d'Aquin).

Moniale : féminin de moine. L'essor des moniales bénédictines est dû à l'œuvre de sainte Scholastique, sœur de saint Benoît, qui avait son monastère non loin de celui de son frère.

Monachisme : c'est l'état et le mode de vie des moines et des moniales.

Monastère : lieu de résidence d'un groupe de moines ou de moniales.

Abbé : (féminin : abbesse) : responsable du monastère, garant de sa fonction religieuse. « L'abbé qui est jugé digne de gouverner le monastère doit se rappeler sans cesse le titre qu'il porte et réaliser par ses actes le titre de supérieur. On croit fermement, en effet, qu'il tient la place du Christ dans le monastère, puisqu'on l'appelle de son nom même, selon ces paroles de l'Apôtre : "Vous avez reçu l'esprit des fils d'adoption, par lequel nous crions : Abba, c'est-à-dire Père" (Rm 8, 15 ; Ga 4, 6). L'abbé ne doit donc rien enseigner, établir ou commander qui s'écarte des préceptes du Seigneur. L'abbé doit se souvenir sans cesse qu'au redoutable jugement de Dieu, il devra rendre un compte exact de deux choses : de son enseignement et de l'obéissance de ses disciples. Qu'il sache que l'on imputera à la faute du pasteur tout ce que le Père de famille trouvera de mécompte dans ses brebis » (Règle de saint Benoît, chapitre 2).

Abbaye : (se prononce : abbéyi) : monastère placé sous la direction d'un abbé ou d'une abbesse.

Prieur(e) : l'abbé (ou l'abbesse) se choisit un(e) prieur(e) pour l'aider l'abbé à gouverner les personnes et à administrer les choses. « Le prieur exécutera avec respect tout ce que son abbé lui prescrira, sans jamais contrevenir à sa volonté et à ses ordres. Car, plus il est élevé au-dessus des autres, plus il doit observer consciencieusement les préceptes de la Règle. Si ce prieur tombait dans quelque dérèglement, s'enflait d'orgueil, ou était convaincu de mépris pour la sainte Règle, on l'en reprendrait jusqu'à quatre fois. S'il ne s'amendait pas, on lui ferait subir la correction de la discipline régulière. Si par ces moyens il ne se corrigeait pas encore, on le déposerait de son rang de prieur, et on mettrait à sa place un autre qui en fût digne. Enfin, si après tout cela, il ne se montrait pas tranquille et obéissant dans la communauté, on le chasserait du monastère » (Règle de saint Benoît, chapitre 65).

Est désigné aussi  du nom de Prieur(e) le supérieur d'un Monastère autonome, Prieuré « Sui juris » qui renonce librement à son érection en Abbaye. Dans ce cas le/la Prieur/e jouit des mêmes droits qu'un Abbé.

Prieuré : monastère, le plus souvent subordonné à une abbaye plus importante, placé sous l'autorité d'un prieur, lui-même dépendant d'un abbé plus important. Ou bien Monastère autonome « Sui juris » (cf. ci-dessus).

Anachorète ou ermite : du grec anakorein = se retirer. Dans les premiers siècles, les moines étaient appelés anachorètes car ils se retiraient de la société pour vivre dans la solitude totale. 

Cénobite : du grec koinos = en commun, et bios = vie. Contrairement aux anachorètes, les cénobites vivent en communauté. Saint Pacôme est considéré comme l'initiateur des premiers monastères, tant masculins que féminins.

Cloître : clôture d'un monastère. Le couloir reliant un bâtiment à l'autre dans l'enceinte du Monastère est également appelé cloître.

Ascèse : discipline volontaire du corps et de l'esprit en vue de tendre vers une perfection, par une forme de renoncement ou de privation. La forme d'ascèse la plus connue est le jeûne.

 

Cistercien, trappiste : ce sont des ordres de moines très proches des bénédictins, nés d'une réforme du XIe s visant le retour à une vie plus dépouillée et à une observance plus stricte de la règle de saint Benoît.