La vocation monastique aujourd'hui

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Le recrutement des candidats à la vie monastique ici au Burkina comme ailleurs dans le monde a toujours été mesuré, comme plus discret, par rapport aux autres formes de vie religieuse même si aujourd'hui la tendance générale est à la baisse un peu partout, surtout dans les pays du Nord. Nous n'allons pas nous hasarder ni nous attarder à analyser les causes de ce ralentissement. Nous pouvons seulement souligner la dimension de foi et d'abandon que l'on peut reconnaître comme étant intrinsèque à la vie monastique ! Toute vocation à la vie monastique demande de consentir à se perdre pour Dieu, à se jeter dans les bras de Dieu sans se retenir. C'est cet élan qui est difficile à acquérir et à maintenir.

Nous parlons de « se perdre, se jeter, se laisser » parce que la vie monastique est une vie de mort (à soi), une vie inutile aux yeux du monde, et il faut le vouloir pour s'y engager. N'ayant pas d'activités humanitaires ou sociales (soins, formation ou éducation, enseignement profane ou instruction religieuse, etc.), la vie monastique n'attire pas forcément les jeunes. On n'y entre que quand on y est vraiment appelé. On peut par ailleurs souligner que les jeunes d'aujourd'hui ont peur de la solitude et du silence qui sont cependant indispensables à la vie monastique et même à toute vie chrétienne. En effet, silence et solitude nous permettent de vivre en profonde intimité avec Dieu. La moniale se retire donc du monde pour être avec et pour le monde en Dieu… être avec Dieu pour l'écouter, lui parler, intercéder pour tous les hommes ! Comment s'adonner à cette vie sans accepter un certain retrait du monde et une certaine solitude !

Qui peut devenir moniale ? 

N'importe qui peut devenir moniale à condition que la personne ait entendu de la part de Dieu un appel à cette vie, qu'elle éprouve le besoin d'être sauvée et veuille vivre à fond sa vie de baptisée en travaillant à se convertir. Toute personne donc  qui entend cet appel à la vie monastique et désire y moniale bénédictine si elle épouse cette forme de vie avec ses exigences : solitude et retrait du monde, clôture, silence, prière, travail, conversion des mœurs, vie  fraternelle en communauté. La vie bénédictine de Koubri est une vie cénobitique, c'est-à-dire communautaire avec à sa tête une prieure ou une abbesse (responsable de la communauté).

Pour devenir moniale bénédictine à Notre-Dame de Koubri, c'est très simple. Il s'agit en réalité de vouloir vivre l'Évangile à l'école de saint Benoît qui s'est retiré du monde pour vivre dans la solitude, la prière et le travail. Pour devenir moniale, il faut chasser la peur du regard extérieur puis venir voir, car l'apparence trompe parfois. C'est sur place au monastère que l'on peut comprendre ce qu'est en réalité la vie monastique.

La moniale n'est pas un ange mais une pécheresse comme tous les autres hommes pécheurs, cherchant à se convertir chaque jour. 

L'appel à la vie religieuse est un don gratuit de Dieu qui ne se mesure pas à nos mérites ni à notre degré de sainteté. Nous venons de dire que la moniale n'est pas un ange mais une chrétienne marquée dans son être de chair par le péché comme tous les hommes, mais sauvée par le Sang de Jésus-Christ, et donc cherchant à se convertir chaque jour. En effet, on n'entre pas au monastère parce qu'on se sent déjà saint, parfait et sans défaut. L'appel à cette vie monastique nous est adressé par le Seigneur qui nous invite à le suivre à partir du lieu où Il nous a trouvées et où Il lui a plu de nous attirer à Lui ! Non pas à cause de nos mérites mais parce qu'Il est bon et libre de ses dons (cf. Les ouvriers de la dernière heure). Ceci dit, nous n'entendons pas dire que le péché contre la chasteté n'est pas un empêchement à l'entrée au monastère, nous répondons à la question sous un autre angle, voulant éviter de juger et de condamner ; mais nous ne voulons surtout pas cacher la difficulté, nous dirons que chaque cas est à considérer sous le regard du Seigneur Jésus qui, tout en mangeant avec les pécheurs et les publicains proclame que nul ne peut le suivre sans prendre sa croix après avoir renoncé aux joies légitimes de la vie, à sa propre vie et à tous ses biens. Ce qui est premier et fondamental, c'est l'appel de Dieu, son plan d'amour, l'accomplissement de sa volonté.

Sur le plan formation humaine, le niveau requis est celui du BAC. Mais si ce niveau peut être rehaussé, nous y encourageons fortement. Celles parmi nos candidates ont pu terminer leurs études secondaires et entreprendre le cycle universitaire ont un bagage qui leur permet non seulement de profiter davantage de la formation qu'elles reçoivent au noviciat, mais encore de pouvoir donner à leur tour ce qu'elles pourront avec plus d'aisance recevoir dans l'enceinte du Monastère ou à l'extérieur. 

Comment devenir moniale ? Quelles sont les étapes de la formation ?

Toute personne qui ressent l'appel à la vie monastique doit prendre d'abord contact avec les moniales comme dans les autres instituts religieux. Elle fait des séjours plus ou moins longs, puis un long stage de trois à six mois.

Avant l'admission au postulat au terme de son stage, la candidate se procurera puis remettra son certificat de baptême, de confirmation, son certificat d'état libre ainsi que des attestations de médecins.

L'entrée au Noviciat sera précédée d'un temps de postulat au cours duquel la postulante s'initiera graduellement à la vie monastique. Il durera une année et demie. L'âge minimum requis pour l'entrée au postulat est de 18 ans accomplis. La durée du Noviciat est de deux années dont la première seule constitue le noviciat canonique. Elle peut être prolongée de six mois mais pas plus.

Si vous vous posez des questions sur la vie religieuse en général ou la vie monastique en particulier, n'ayez pas peur. Contactez-nous. Nous vous aiderons à discerner l'appel de Dieu dans votre vie.